Le 5 décembre 2025
Directive efficacité énergétique : tout comprendre et se mettre en conformité
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Dans un contexte de tension énergétique et d’accélération des réglementations environnementales, les entreprises voient émerger de nouvelles obligations pour réduire leur consommation et améliorer leur performance énergétique. Au cœur de cette transformation : la directive européenne sur l’efficacité énergétique, plus connue sous le nom d’Energy Efficiency Directive (EED). Mais que contient vraiment cette directive ? Qui est concerné ? Quelles sont les échéances ? Et surtout : comment s’y conformer sereinement ?
Powesco vous propose un décryptage clair et opérationnel, accompagné de nos conseils d’experts.
Qu’est-ce que la directive relative à l’efficacité énergétique ?
La directive relative à l’efficacité énergétique (DEE), initialement promulguée en 2012, est la directive cadre imposant à l’échelle de l’Union Européenne les objectifs d’efficacité énergétique que doivent atteindre les États membres. Cette directive a été révisée à deux reprises, en 2018 et en 2023. Cette dernière révision implique, en réponse au rehaussement des objectifs environnementaux et climatiques de l’Union, de nouveaux objectifs pour chaque État-membre.
Bon à savoir : La loi DDADUE (Diverses Dispositions d’Adaptation du Droit de l’Union Européenne, loi n° 2025/391) a été promulguée le 30 avril 2025. Elle vise à transposer en droit français certaines directives européennes, dont la DEE. Des décrets précisant les modalités d’application de la loi doivent ensuite être rédigés par le ministère.
Focus sur le Dispositif Eco-Energie Tertiaire (DEET)
La France s’était déjà dotée d’un dispositif réglementaire pour encourager et suivre les économies d’énergie dans les bâtiments publics tertiaires : le Dispositif Éco-Énergie Tertiaire (DEET), également appelé Décret Tertiaire. Il s’agit de l’une des réglementations les plus importantes en France s’agissant de l’efficacité énergétique des bâtiments.
Il fixe des obligations de réduction des consommations énergétiques des bâtiments tertiaires, soit :
- En valeur relative, avec des diminutions attendues de 40% d’ici 2030, 50% d’ici 2040 et 60% d’ici 2050, par rapport à une année de référence comprise entre 2010 et 2022 ;
- En valeur absolue, avec des objectifs fixés par arrêtés au début de chaque décennie.
Ces obligations s’appliquent aux bâtiments hébergeant une activité tertiaire et dont la surface représente plus de 1 000m². Sont également assujettis les bâtiments se situant sur une même unité foncière, ou entre lesquels existe un lien fonctionnel, et dont la surface cumulée totale dépasse les 1000m². En parallèle de ces objectifs, le DEET fixe des exigences de déclaration annuelle des consommations énergétiques sur la plateforme OPERAT.
Quels sont les organismes publics visés par la DEE ?
La DEE renforce les objectifs pour les organismes publics.
Les organismes publics visés par les objectifs sont :
- 1° l’État, les opérateurs de l’État, les collectivités territoriales et leurs groupements ;
- 2° Les entités, publiques ou privées, répondant à l’ensemble des critères suivants :
- a) Elles ont été ou sont créées pour satisfaire spécifiquement des besoins d’intérêt général n’ayant pas de caractère industriel ou commercial ;
- b) Elles sont majoritairement et directement financées par l’État ou ses opérateurs, les collectivités territoriales ou leurs groupements ;
- c) Leur organe d’administration, de direction ou de surveillance est composé de membres dont plus de la moitié sont désignés par au moins une des entités mentionnées au 1°, à l’exclusion des opérateurs de l’État.
- En particulier : Les bailleurs sociaux ne sont pas considérés comme des organismes publics pour le calcul de ces objectifs, puisque leurs flux de trésorerie reposent sur les loyers perçu.
Quelles sont les obligations des organismes publics ?
La nouvelle directive relative à l’efficacité énergétique ((UE) 2023/1791) établit des objectifs contraignants pour les États membres en matière d’efficacité énergétique. Entrée en vigueur en octobre 2023, elle relève les objectifs de l’UE visant à réduire la consommation d’énergie primaire et finale au niveau de l’UE de 11,7 % d’ici 2030, par rapport aux prévisions faites en 2020. Ces objectifs doivent être transposés dans le droit français dans un délai de deux ans suivant son adoption, soit à horizon octobre 2025.
Pour atteindre l’objectif de réduction de consommation d’énergie en 2030 et la neutralité carbone à horizon 2050, la nouvelle directive dite « DEE révisée » demande que le secteur public soit exemplaire.
Pour cela, les organismes publics doivent :
- Réduire leur consommation totale d’énergie finale combinée d’au moins 1,9 % par an par rapport à 2021 (article 5) ;
- Rénover chaque année à un haut niveau de performance énergétique au moins 3 % de la surface cumulée de leurs bâtiments chauffés/ refroidis ayant une surface de plancher d’au moins 250m2 (article 6)
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Quel est l’impact de la directive efficacité énergétique pour les entreprises ?
La révision de la directive change profondément le paysage réglementaire : désormais, ce ne sont plus la taille ou le statut de l’entreprise qui déterminent les obligations, mais la consommation d’énergie finale. Résultat : un nombre beaucoup plus large d’entreprises devient assujetti.
Un périmètre élargi et de nouvelles obligations
La directive introduit deux seuils majeurs :
- Système de Management de l’Energie (SMÉ) obligatoire (ISO 50 001) pour les entreprises dont la consommation annuelle moyenne sur les 3 dernières années dépasse 85 TJ, soit 23,6 GWh.
- Audit énergétique obligatoire pour celles consommant plus de 10 TJ, soit 2,75 GWh sur les 3 dernières années, sauf si elles disposent déjà d’un SMÉ certifié.
Ces obligations sont en vigueur depuis le 1er octobre 2025 (via la loi DDADUE) et viennent remplacer l’ancien critère basé sur les 250 salariés.
Les entreprises doivent également :
- élaborer un plan d’action public, fondé sur les recommandations de l’audit ;
- justifier les actions à temps de retour sur investissement inférieur à 5 ans qui n’auraient pas été mises en œuvre.
Des exemptions possibles
Certaines organisations peuvent être dispensées :
- les entreprises engagées dans un Contrat de Performance Énergétique (CPE), sous conditions (décret à venir) ;
- les entreprises certifiées ISO 14001, à condition de disposer d’un audit conforme aux critères de l’arrêté du 10 juillet 2025.
Les échéances clés
Pour les entreprises nouvellement concernées :
- Audit énergétique : à réaliser au plus tard le 11 octobre 2026
- SMÉ certifié : à mettre en place au plus tard le 11 octobre 2027
Les audits doivent ensuite être renouvelés tous les 4 ans. Le SMÉ doit être certifié par un organisme accrédité, reconnu par la coordination européenne des organismes d’accréditation.
En quoi Powesco vous aide avec la directive relative à l’efficacité énergétique ?
Se conformer à la directive efficacité énergétique peut représenter un défi pour les entreprises et les organismes publics, tant sur le plan technique que réglementaire. Powesco accompagne ses clients à chaque étape pour transformer cette obligation en opportunité de performance et de réduction des coûts.
1. Audit énergétique et diagnostic global
Nos experts réalisent un audit complet, conforme aux exigences de la directive et aux critères définis par l’arrêté du 10 juillet 2025. Cela permet d’identifier précisément les gisements d’économie d’énergie, les équipements à moderniser et les actions prioritaires.
2. Mise en place de la plateforme SEME Nexstep
Powesco aide les sites dépassant le seuil de consommation de 23,6 GWh par an à piloter leur consommation énergétique et à optimiser l’efficacité énergétique de leur bâtiment via le déploiement de la plateforme SEME Nexstep. Nous garantissons que votre système soit opérationnel avant les échéances réglementaires.
3. Élaboration et suivi d’un plan d’action concret
Sur la base des recommandations issues de l’audit, nous vous aidons à élaborer un plan d’action réaliste et chiffré, incluant les investissements, financements à rentabilité rapide et les mesures à moyen terme. Ce plan peut ensuite être rendu public pour répondre aux obligations de transparence.
4. Pilotage des travaux et accompagnement technique
Powesco coordonne les travaux de rénovation énergétique, le remplacement ou l’optimisation des équipements (chauffage, climatisation, éclairage, GTB) et l’installation de solutions innovantes pour réduire la consommation. Notre accompagnement garantit le respect des normes et des objectifs fixés.
5. Suivi, reporting et conformité
Nous mettons en place des outils de suivi énergétique et de reporting afin de mesurer l’efficacité des actions mises en œuvre et de documenter la conformité pour les audits ultérieurs. Les indicateurs de performance et les tableaux de bord permettent de suivre les économies et d’ajuster les stratégies en continu.
En résumé, Powesco transforme la directive en un véritable levier de performance durable : conformité réglementaire, réduction des coûts énergétiques, valorisation des actifs et contribution à la transition énergétique.
FAQ 2 : Comment évaluer l’efficacité énergétique et le rôle des normes dans ce processus ?
Q : Quels outils ou méthodes peuvent être utilisés pour évaluer l’efficacité énergétique sur un site ou un projet ?
R : L’évaluation peut s’appuyer sur les données de consommation réelle des bâtiments et appareils, et sur l’adoption d’appareils et technologies efficaces. Les normes ISO, telles que ISO 50001, fournissent un cadre pour structurer un système de management de l’énergie et assurer un suivi continu. À l’échelle européenne, le Paquet Climat et l’accord de Paris fixent des objectifs de réduction des émissions de gaz et guident l’amélioration de l’efficacité énergétique, la sobriété énergétique et la réduction de la consommation finale.
FAQ 3 : Quel rôle pour les institutions et la commande publique dans la promotion de l’efficacité énergétique ?
Q : Comment le Parlement Européen, la Commission Européenne et les institutions nationales peuvent-ils promouvoir l’efficacité énergétique et le développement durable ?
R : Les institutions jouent un rôle essentiel en fixant la législation, en publiant les textes et en organisant la consultation des parties prenantes. La commande publique peut servir d’outil concret pour promouvoir des bâtiments et appareils plus efficaces, des solutions de chauffage et de froid performantes, et soutenir des projets intégrant des énergies renouvelables. À travers ces actions, elles contribuent à réduire la facture énergétique, limiter les émissions de gaz à effet de serre et sensibiliser la communauté à des comportements plus responsables et durables.
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